
Le Wat Phra Pathom Chedi
Le Wat Phra Pathom Chedi
27, Tambon Phra Prathom Chedi, Amphoe Mueang Nakhon Pathom, Chang Wat Nakhon Pathom 73000, Thaïlande
À Nakhon Pathom, le Wat Phra Pathom Chedi abrite un stupa de 127 mètres, l'un des plus hauts édifices bouddhiques au monde, et figure parmi les six temples les plus vénérés de Thaïlande.
Au cœur de Nakhon Pathom, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Bangkok, le Wat Phra Pathom Chedi se distingue par la silhouette en cloche de son stupa, qui culmine à 127 mètres pour une base de 230 mètres. Considéré comme le plus haut stupa de Thaïlande, le monument figure parmi les six Ratcha Wora Maha Wihan, les temples les plus vénérés du royaume. Sa visite associe architecture monumentale, art Dvaravati et récits légendaires liés à la fondation présumée du sanctuaire.
Pourquoi visiter le Wat Phra Pathom Chedi
Trois éléments justifient le détour depuis Bangkok ou lors d'un séjour en Thaïlande centrale :
un stupa de 127 mètres, l'un des plus hauts édifices bouddhiques au monde, bâti en style sri-lankais sous Rama IV ;
quatre viharas orientés aux points cardinaux, abritant des bouddhas remarquables, dont une statue Dvaravati représentée assise « à l'européenne » ;
un musée qui présente des pièces du VIᵉ au XIᵉ siècle, utiles pour comprendre l'ancienneté du site dans l'histoire du bouddhisme thaï.
Histoire et légende fondatrice
La tradition fait remonter la fondation du temple à l'an 539, à l'époque où le bouddhisme commence à se diffuser dans la péninsule. Cette datation, légendaire, situe en tout cas le sanctuaire parmi les plus anciens lieux de culte bouddhiques du pays. Au XIᵉ siècle, le site est saccagé lors d'incursions birmanes, puis tombe dans un long abandon, partiellement occupé par des moines mais laissé en ruine.
La légende du prince Phan
Le récit traditionnel attribue l'origine du chedi à un acte de pénitence. Le prince Phan, écarté à la naissance par le roi Phraya Gong à la suite d'une prophétie, est élevé par une paysanne de Ratchaburi sans connaître son ascendance. Devenu adulte, il maîtrise un éléphant en furie, ce qui lui vaut d'être adopté par le seigneur local. Plus tard, il provoque en duel un roi qu'il tue : la coutume lui accorde alors la veuve du vaincu, qui se révèle être sa propre mère. Pris de fureur en apprenant la vérité, il fait également exécuter sa mère adoptive. Coupable d'un parricide et d'un matricide, il consulte des sages qui lui recommandent d'élever un chedi si haut qu'aucun oiseau ne pourrait le survoler. Le stupa du Wat Phra Pathom Chedi serait né de cet acte d'expiation.
De Mongkut à Rama VI
En 1831, le prince Mongkut, alors moine, visite le site qu'il trouve en ruine. Il sollicite Rama III pour engager une restauration, mais sa demande est refusée. Devenu lui-même roi sous le nom de Rama IV, il fait reconstruire le stupa dans le style sri-lankais : les travaux dureront dix-sept ans. La forme actuelle de l'édifice, telle que la voient les visiteurs aujourd'hui, date du règne de Rama VI, qui finalisa l'aménagement de l'ensemble.
Que voir sur place
Le chedi et l'esplanade
L'accès au sanctuaire se fait par un pont qui enjambe le canal de Chedi Bucha et débouche sur une vaste esplanade. Le stupa, en forme de cloche, s'observe depuis n'importe quel point de la place : sa masse dorée domine entièrement le paysage urbain de Nakhon Pathom. La visite s'organise sur plusieurs niveaux, autour du chedi central et des bâtiments annexes.
Les quatre viharas
Quatre viharas orientés au nord, à l'est, à l'ouest et au sud encadrent le stupa. Chacun abrite des bouddhas et des décors différents :
la chapelle nord présente une statue de Bouddha de style Dvaravati, représenté assis les jambes pendantes — une iconographie inhabituelle dans l'art bouddhique thaï ;
la chapelle ouest abrite un grand Bouddha couché entouré de bouddhas miniatures ; les fidèles y appliquent des feuilles d'or sur la statue ;
les chapelles sud et est complètent l'ensemble avec des peintures murales évoquant l'histoire du temple et les figures de la cosmologie bouddhique.
L'ubosot, salle d'ordination, conserve un ensemble de 24 cloches qui rythment les cérémonies.
Le musée du temple
En contrebas du vihara nord, le musée du temple rassemble statues, statuettes, stèles et fragments architecturaux datés du VIᵉ au XIᵉ siècle. Les collections documentent la culture Dvaravati, dont Nakhon Pathom fut un foyer important, et fournissent des repères historiques précieux pour contextualiser la visite.
Quand venir
Le temple se visite toute l'année. La saison sèche, de novembre à février, offre les conditions les plus confortables. Deux temps forts ponctuent le calendrier :
le 2 novembre, festival du Bouddha Phra Ruang : les pèlerins affluent avec des œufs peints en vermeil, des guirlandes et des fleurs déposés en offrande ;
le festival Phra Pathom Chedi, organisé autour de la pleine lune du douzième mois du calendrier lunaire thaï (généralement en novembre), qui s'étend sur cinq à neuf jours et donne lieu à des collectes destinées à l'entretien du sanctuaire.
Une visite tôt le matin permet d'éviter la chaleur et l'affluence.
Infos pratiques
Le sanctuaire est ouvert tous les jours, du matin jusqu'en début de soirée. Le musée applique des horaires plus restreints et ferme une partie de la semaine. L'entrée pour les étrangers reste très modique, avec un supplément modéré pour le musée. Une tenue couvrant épaules et genoux est obligatoire pour accéder aux chapelles. Comptez deux à trois heures pour une visite complète, davantage si vous combinez chedi, viharas et musée.
Comment s'y rendre
Nakhon Pathom se trouve à environ 60 km à l'ouest de Bangkok. Plusieurs options :
le train depuis la gare de Hua Lamphong ou Bang Sue : trajet d'environ 1h30, économique, avec arrêt à quelques centaines de mètres du temple ;
le minivan au départ des gares routières de Bangkok (Mo Chit, Ekkamai, Southern Bus Terminal) : trajet plus rapide, environ 1h ;
en voiture ou taxi privé, pratique pour combiner plusieurs sites de la province dans la même journée.
À voir dans les environs
La province de Nakhon Pathom et ses alentours offrent plusieurs prolongements naturels à la visite :
le palais de Sanam Chan, résidence royale de Rama VI à quelques minutes du chedi ;
le Wat Samphran (Dragon Temple), temple insolite ceint d'un dragon rose ;
le canal Mahasawat, pour découvrir la vie agricole le long des klongs ;
le marché flottant de Damnoen Saduak, à environ une heure de route.
Pour intégrer le Wat Phra Pathom Chedi à un itinéraire complet, consultez nos idées de voyages en Thaïlande.
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