Le Wat Phra That Doi Suthep

Le Wat Phra That Doi Suthep

Le Wat Phra That Doi Suthep

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Doi Suthep, Suthep, Mueang Chiang Mai District, Chiang Mai 50200, Thailand

Perché à 1 073 mètres au-dessus de Chiang Mai, le Wat Phra That Doi Suthep concentre six siècles d'art Lanna autour d'un chedi doré et d'une légende fondatrice.

Perché à 1 073 mètres d'altitude sur le flanc du mont Doi Suthep, le Wat Phra That Doi Suthep domine Chiang Mai depuis plus de six siècles. Son chedi doré, visible par temps clair depuis la vallée, en fait l'un des principaux lieux de pèlerinage du nord de la Thaïlande et un repère majeur de l'art Lanna.

Pourquoi visiter le Wat Phra That Doi Suthep

Le temple combine plusieurs intérêts : un édifice religieux actif fréquenté par les pèlerins thaïlandais, un sommet d'architecture Lanna et un belvédère naturel sur Chiang Mai et sa plaine. Situé à environ 15 km du centre-ville, il fait partie du parc national de Doi Suthep-Pui, ce qui ajoute une dimension naturelle à la visite : forêt de mousson, points de vue, sentiers de randonnée à proximité.

Pour qui cherche à comprendre le bouddhisme theravada tel qu'il se pratique dans le Nord, peu de sites sont aussi parlants. Le centre de méditation rattaché au monastère est ouvert au public, avec des sessions accessibles aux visiteurs étrangers.

Histoire et légende fondatrice

La construction du sanctuaire est ordonnée en 1383 par le roi Nu Naone du royaume Lanna. L'origine du temple repose sur un récit bien ancré dans la mémoire locale. Un moine nommé Sumanathera, venu de Sukhothai, aurait découvert une relique attribuée au Bouddha — selon la tradition, un fragment de clavicule ou d'omoplate. Le souverain de Sukhothai, sceptique, ne lui accorda pas crédit. Nu Naone, lui, accueillit la relique à Chiang Mai.

Pour choisir l'emplacement du futur temple, le roi recourut à un présage. Il plaça la relique sur le dos d'un éléphant blanc et libéra l'animal dans la forêt. L'éléphant gravit la montagne, s'arrêta sur le Doi Suthep, s'y endormit et y mourut. Le roi interpréta ce décès comme une volonté divine et fit ériger le sanctuaire à cet endroit précis. La légende continue de structurer l'expérience de la visite : une statue commémore l'éléphant à l'entrée du complexe.

Que voir sur place

L'escalier des nagas

L'accès traditionnel au temple se fait par un escalier de 309 marches bordé de nagas, ces serpents mythiques gardiens des lieux sacrés. La tradition locale présente cette allée comme la plus longue de Thaïlande. La montée prend une dizaine de minutes à un rythme modéré et offre, à mi-parcours, plusieurs paliers pour reprendre son souffle.

Le chedi doré

Au cœur du complexe se dresse un chedi de 24 mètres entièrement doré, partie nord de l'enceinte. Sa base octogonale, sa toiture en gradins et sa flèche effilée illustrent un syncrétisme architectural caractéristique du Lanna : le chatra en forme d'ombrelle est d'origine birmane, la toiture étagée renvoie au bouddhisme theravada, et le galbe d'ensemble emprunte au style Sukhothai. Les couches concentriques symbolisent les étapes spirituelles à franchir vers le nirvana.

Les pèlerins effectuent traditionnellement trois tours du chedi dans le sens des aiguilles d'une montre, fleur de lotus et bâtonnets d'encens à la main.

Fresques, bouddhas et statue de Ganesh

Les viharns abritent un patrimoine artistique dense. Les fresques murales racontent les épisodes majeurs de la vie de Bouddha, avec quelques scènes empruntant à l'iconographie hindoue. Plusieurs statues de Bouddha jalonnent les pavillons, dont une copie du célèbre Bouddha d'émeraude, l'original étant conservé au Wat Phra Kaeo de Bangkok.

La présence d'une statue de Ganesh, dieu hindou à tête d'éléphant, surprend dans un temple bouddhiste. Elle témoigne du syncrétisme religieux qui prévalait en Thaïlande aux périodes anciennes.

Centre de méditation

Le monastère héberge un centre de méditation ouvert aux visiteurs francophones et anglophones. On peut y participer à des sessions d'initiation de quelques heures, ou s'inscrire à des retraites plus longues encadrées par les moines.

Infos pratiques

Le temple est ouvert tous les jours, de tôt le matin à la tombée du jour. L'entrée est payante pour les visiteurs étrangers, à un tarif modéré. Un funiculaire incliné (souvent appelé téléphérique localement) permet d'éviter les 309 marches moyennant un supplément, lui aussi modeste.

Le code vestimentaire est strictement appliqué : épaules et genoux couverts pour les hommes comme pour les femmes, chaussures laissées à l'entrée des salles de prière. Des paréos sont prêtés ou loués sur place pour les visiteurs en tenue inadaptée. Comptez environ 1h30 à 2h pour faire le tour du site sans précipitation.

Quand y aller

La saison fraîche, de novembre à février, offre les meilleures conditions : ciel dégagé, températures clémentes, visibilité optimale sur la plaine de Chiang Mai. Une brume matinale enveloppe parfois le sommet en début de journée, créant des ambiances très photogéniques avant que le soleil ne perce.

La saison des pluies (juin à octobre) rend la montée glissante mais offre une végétation luxuriante. La période chaude (mars à mai) est marquée par le brûlis agricole : la pollution atmosphérique peut alors limiter la vue.

Visakha Bucha, fête bouddhiste majeure célébrée à la pleine lune de mai, donne lieu à un pèlerinage nocturne traditionnel : les fidèles gravissent à pied la route de montagne depuis Chiang Mai jusqu'au temple, dans une procession aux bougies. C'est l'un des moments les plus marquants de l'année pour qui souhaite vivre la dimension spirituelle du site.

Comment s'y rendre

Le moyen le plus courant depuis le centre de Chiang Mai est le songthaew rouge, ce pick-up aménagé en taxi collectif qui dessert le temple à la demande. On les hèle facilement dans la vieille ville ou près de la porte de Chang Phueak ; la course se négocie au départ. Le trajet prend une trentaine de minutes selon le trafic, par une route de montagne sinueuse.

La voiture privée et le scooter sont également utilisés, mais la route demande de l'expérience pour qui n'est pas habitué à la conduite thaïlandaise. Les agences de Chiang Mai proposent par ailleurs des excursions à la demi-journée combinant le temple et d'autres sites du Doi Suthep.

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