
Le Wat Traimit ou le temple du Bouddha d'Or
Le Wat Traimit ou le temple du Bouddha d'Or
661 ถ. เจริญกรุง Khwaeng Talat Noi, Khet Samphanthawong, Krung Thep Maha Nakhon 10100, Thaïlande
À Bangkok, le Wat Traimit conserve un Bouddha en or massif de 3 mètres et 5,5 tonnes, dont l'identité dorée n'a été révélée qu'en 1955.
Le Wat Traimit, à l'orée du quartier chinois de Bangkok, abrite la sculpture en or massif la plus imposante connue à ce jour : un Bouddha de 3 mètres pesant environ 5,5 tonnes, dont l'identité dorée n'a été révélée qu'en 1955, après plusieurs siècles passés sous une couche de plâtre.
Pourquoi visiter le Wat Traimit
Le sanctuaire concentre un intérêt rare pour qui s'intéresse à l'art bouddhique et à l'histoire thaïe. Trois raisons principales motivent la visite :
- Une statue revendiquée comme la plus grande sculpture en or massif au monde, à l'or estimé à 18 carats.
- Un récit historique riche, qui traverse cinq siècles depuis la dynastie Sukhothaï jusqu'à la Thaïlande contemporaine.
- Un musée annexe, le Bangkok Chinatown Heritage Center, consacré aux premières communautés chinoises de la capitale.
Le site se visite en moins de deux heures, ce qui en fait une étape de choix avant ou après une promenade dans le quartier chinois de Bangkok.
Histoire du Bouddha d'Or
Des origines Sukhothaï au transfert vers Ayutthaya
La fabrication de la statue est datée par les historiens entre le XIIIᵉ et le XVIᵉ siècle, sous la dynastie Sukhothaï. Une mention figurant sur la stèle de Ram Khamhaeng atteste de la présence d'un Bouddha en or au centre de l'ancienne ville. Certains spécialistes estiment que des fragments auraient pu être coulés en Inde, l'art Sukhothaï présentant plusieurs affinités avec l'art indien et des Bouddhas dorés indiens étant exportés à cette époque.
Selon les traditions et archives, la statue aurait été déplacée en 1403 vers le royaume naissant d'Ayutthaya, où elle resta plusieurs siècles.
Le plâtrage et l'arrivée à Bangkok
Dans la première moitié du XVIIIᵉ siècle, peu avant la prise d'Ayutthaya par les Birmans, la statue fut intégralement recouverte de stuc incrusté de morceaux de verre. Cette technique de trompe-l'œil visait à dissimuler l'or aux pillards. Le subterfuge fonctionna au-delà de toute attente : pendant près de deux siècles, plus personne ne soupçonna la véritable nature de la sculpture.
En 1801, Rama I ordonna de récupérer les antiques images de Bouddha conservées dans les temples en ruine. La politique se poursuivit sous Rama III. Lorsque les travaux d'aménagement du fleuve Chao Phraya condamnèrent le Wat Chotanaram, la statue plâtrée — alors anonyme — fut transférée au Wat Traimit Wittayaram, tout proche. Faute de viharn assez vaste, elle resta d'abord exposée à l'extérieur, abritée par un simple toit de tôle.
La découverte de l'or, en 1955
Le 25 mai 1955, les moines inauguraient un nouveau viharn destiné à accueillir le Bouddha. Au moment du levage, un câble de la grue se rompit et la statue tomba lourdement au sol. Voyant un funeste présage, prêtres et ouvriers quittèrent les lieux. La nuit fut pluvieuse et abondante.
Au petit matin, en nettoyant la boue, un responsable remarqua un éclat métallique dans une fissure du plâtre. L'examen confirma rapidement la présence d'or massif sous le revêtement. La nouvelle fit le tour de Bangkok et coïncida avec les commémorations des 2500 ans de la mort du Bouddha — ce qui valut à l'épisode d'être qualifié de miracle par la presse de l'époque.
Que voir sur place
La statue du Bouddha d'Or
Installée au fond de la salle de prière, la statue mesure 3 mètres et pèse environ 5,5 tonnes. Sa valeur, dépendante du cours de l'or, a été estimée autour de 250 millions de dollars. La répartition de l'or est inégale : la partie supérieure (chevelure et anneau) est en or pur, la tête et le menton à 80 %, la partie inférieure à 40 %.
Le style relève clairement de l'école Sukhothaï : tête ovoïde, lobes d'oreilles allongés, sourcils fins, nez aquilin. Trois rides marquent le cou — un signe iconographique du titre princier de Bouddha. La posture représentée est celle du Bhumisparshamudra, main droite touchant le sol, geste qui exprime la prise de la terre à témoin au moment de l'Éveil.
Le Bangkok Chinatown Heritage Center
Aménagé dans une annexe du sanctuaire, ce musée retrace l'arrivée et l'installation des premières communautés chinoises à Bangkok. Photos d'époque, vidéos et maquettes y illustrent la formation du quartier de Yaowarat. Pour prolonger la thématique, vous pouvez enchaîner avec le musée du patrimoine de Yaowarat Chinatown, situé non loin.
L'exposition historique
Une seconde exposition, distincte du musée Chinatown, est consacrée à la statue elle-même : sa fabrication sous Sukhothaï, ses transferts successifs et la révélation de 1955. Les panneaux sont traduits en anglais.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1 h à 2 h selon votre intérêt pour les expositions.
- Tarifs : entrée modérée pour le temple, supplément modique pour le musée. Vérifiez les montants à jour à l'arrivée.
- Horaires : ouverture en journée tous les jours ; le musée ferme un jour par semaine (généralement le lundi).
- Code vestimentaire : tenue couvrant épaules et genoux, comme dans tout temple thaï. Au dernier étage du musée, lunettes de soleil et couvre-chefs sont interdits.
Quand y aller
La fréquentation est plus élevée en milieu de journée et le week-end, lorsque les groupes affluent depuis Yaowarat. Privilégiez l'ouverture matinale pour profiter de la salle de prière dans le calme. Les jours de fête bouddhiste, le temple voit affluer les fidèles : la visite touristique reste possible mais la salle principale est partiellement réservée aux prières.
Comment s'y rendre
Le Wat Traimit se trouve à proximité immédiate de la gare ferroviaire de Hua Lamphong, à l'entrée orientale du quartier chinois. Plusieurs options d'accès sont possibles :
- Métro (MRT) : station Hua Lamphong, puis quelques minutes à pied.
- Bus publics : lignes 5, 7 et 507 desservent le secteur.
- Taxi ou tuk-tuk : pratique depuis les quartiers de Sukhumvit ou Silom, en tenant compte du trafic.
À voir aux alentours
La position du temple, en porte d'entrée du quartier chinois, se prête à une visite combinée :
- Yaowarat et le quartier chinois de Bangkok : marchés de rue, échoppes et temples chinois.
- Lhong 1919 : ancien comptoir sino-thaï réhabilité, sur la rive opposée du fleuve.
- Le fleuve Chao Phraya, accessible en quelques minutes pour rejoindre les autres sites historiques de Bangkok en bateau-bus.
- Wat Saket et la Montagne d'Or, à environ 2 km au nord.
Questions fréquentes
Intégrer le Wat Traimit à votre voyage
Le temple s'inscrit naturellement dans une journée consacrée au quartier chinois et aux rives du Chao Phraya. Pour construire un itinéraire sur mesure incluant Bangkok et les autres régions thaïes, consultez nos voyages en Thaïlande.
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