
Khong Chiam
Khong Chiam
À l'extrême-est de la Thaïlande, Khong Chiam aligne parcs nationaux, peintures rupestres millénaires et confluent spectaculaire entre le Mékong et la rivière Mun.
À l'extrême-est de la Thaïlande, là où le Mékong marque la frontière avec le Laos, le district de Khong Chiam vit au rythme du fleuve et des rizières. Ses parcs nationaux, ses peintures rupestres millénaires et ses villages de pêcheurs en font une étape précieuse pour qui souhaite explorer l'Isan hors des sentiers battus.
En bref
| Pays | Thaïlande, province d'Ubon Ratchathani |
| Population | 33 000 habitants |
| Accès | 80 km d'Ubon Ratchathani (1h30 en minibus, 80 bahts) |
| Durée conseillée | 2 à 3 jours |
| Meilleure période | Novembre à février (saison sèche) |
| Incontournables | Pha Taem, Khaeng Tana, confluent two-color river, Wat Tham Khuha Suwan |
| Budget moyen/jour | 30-60 € hors hébergement haut-de-gamme |
Pourquoi visiter Khong Chiam ?
Niché à la frontière entre la Thaïlande et le Laos, Khong Chiam reste un village de tout repos, isolé des grands tourbillons touristiques et perdu dans les contreforts montagneux. Le Mékong y rejoint la rivière Mun, formant le célèbre confluent surnommé two-color river où les eaux brunes et bleues se côtoient sans se mélanger immédiatement.
Des peintures préhistoriques vieilles de 3000 à 4000 ans av. J.-C. colorent les falaises du parc de Pha Taem. La virée en bateau est magique, lorsque le vert des rizières tranche sur les eaux brunes du Mékong. Les villages de pêcheurs montrent qu'un mode de vie en communion avec la nature reste possible, à quelques kilomètres seulement de la frontière laotienne.
Pour qui ?
- Amateurs de nature : deux parcs nationaux (Pha Taem et Khaeng Tana) à explorer en randonnée, kayak ou bateau.
- Photographes : lever de soleil sur Pha Taem, premier point de Thaïlande à voir le jour, et confluent two-color river en lumière rasante.
- Voyageurs off-the-beaten-track : peu de touristes étrangers, immersion réelle dans l'Isan rural.
- Curieux d'histoire : art rupestre de Pha Taem parmi les plus anciens de la péninsule indochinoise.
- Voyageurs lents : balades à vélo, pêche traditionnelle, observation de la faune.
Notes historiques
La ville actuelle de Khong Chiam est le résultat d'un redécoupage administratif. À l'origine, les tambons Pho Klang, Khong Chiam et Huai Yang étaient réunis sous la tutelle du district de Si Mueang Mai. C'était en particulier le centre historique de Si Mueang Mai que l'on appelait « Khong Chiam ». Le site actuel portait alors un autre nom. Vers la fin des années 1950, les trois tambons réclamaient leur indépendance et formèrent une entité territoriale sous le nom de Ban Dan.
L'anniversaire de naissance du district est le 11 décembre 1959, date à laquelle il fut proclamé officiellement « amphoe ». Douze ans plus tard, en 1971, Ban Dan prit le nom définitif de Khong Chiam tandis que l'ancien quartier historique devenait « Si Mueang Mai ».
Côté toponymie, Khong pourrait se traduire par « troupeau d'éléphants » et Chiam par « respect ». Le nom renvoie ainsi à « une ville où vivent des troupeaux importants d'éléphants ».
Khong Chiam aujourd'hui
Khong Chiam est l'un des vingt-cinq districts d'Ubon Ratchathani, province orientale de la Thaïlande. Il compte près de 33 000 habitants, dont la majorité travaille dans la riziculture.
La faible densité de peuplement (32 hab./km²), une urbanisation timide et la barrière montagneuse expliquent le nombre remarquable de sites naturels préservés. Les activités agricoles s'intensifient le long du Mékong, dont les paysages associent rizières, lotus, embarcations de pêcheurs et villages perchés sur les tertres. Le district abrite deux parcs nationaux où se mettre au vert.
La destination reste discrète auprès des voyageurs étrangers. Les hébergements de standing y sont peu nombreux et le rythme local ralenti, ce qui en fait précisément l'intérêt : on y rencontre une Thaïlande rurale, fidèle à ses traditions et à sa cuisine régionale.
Lieux d'intérêt à visiter
Khong Chiam concentre un patrimoine naturel et historique d'exception. Après une randonnée dans les bois, un détour par un lieu de culte bouddhiste enrichit la visite.
Le parc national de Pha Taem
Un massif montagneux donne de l'allure à ce parc de 140 km². La randonnée traverse une succession de falaises et de collines érodées. La qualité de l'art rupestre fait surtout la réputation de Pha Taem : des peintures préhistoriques offrent une évocation caricaturale du mode de vie des premiers humains installés dans la région. Il s'agit de dessins rouge vif gravés à même le rocher. Les sujets traités sont souvent des natures mortes, des figures d'hommes et d'animaux, des scènes de chasse ou de moisson, ou encore des pêcheurs ramant dans leur barque.
Hormis ces peintures, les formations rocheuses elles-mêmes exercent un pouvoir de fascination. L'érosion a sculpté des blocs trapus aux airs de champignons. Le parc est aussi connu pour être le premier point de Thaïlande à voir le lever de soleil : un panorama qui vaut le détour, à condition d'être sur place avant 5h30.
Le parc national de Khaeng Tana
Ce site classé de 80 km² s'étire le long de la rivière Mun. Son succès tient aux grands rapides qui agitent le fleuve et viennent s'entrechoquer au pied d'un rocher. Les amateurs de rafting et de kayak s'y aventurent volontiers. Pour qui préfère le calme, un tronçon en aval permet une navigation plus tranquille.
La balade en forêt a aussi ses adeptes. La canopée est dominée par des diptérocarpacées à feuilles persistantes. Au gré de la traversée, les rencontres se font inattendues : un serow broutant près d'un buisson, un sanglier sauvage, un troupeau de cerfs aboyeurs ou une civette palmiste consommant un fruit tropical.
Le confluent two-color river
Au cœur du bourg, le Mékong rejoint la rivière Mun. Le contraste entre les eaux brunes du fleuve et les eaux plus claires de son affluent est visible plusieurs centaines de mètres avant qu'elles ne se mélangent — d'où le surnom de two-color river. Une promenade en barque traditionnelle permet d'approcher la ligne de jonction et d'observer la rive laotienne, juste en face.
Le Wat Tham Khuha Suwan
Ce temple bouddhiste se trouve à l'embouchure de la Mun, là où elle rejoint le Mékong. Une vue époustouflante attend au bout d'un long escalier : la rivière aux eaux limpides, les maisons de ferme typiques et le Laos s'embrassent dans un même coup d'œil. Le monastère a été fondé en 1978 à la demande du moine Luang Pu Kam Khaning Chula Mani, qui souhaitait une retraite de méditation. Son corps gît depuis plusieurs décennies dans le temple sans être atteint par la décomposition — un fait qui attire pèlerins et curieux.
Conseils insider
- Lever de soleil à Pha Taem : partez d'Ubon ou de Khong Chiam vers 4h pour atteindre le belvédère avant l'aube. Apportez une lampe frontale et une polaire légère.
- Louer un scooter à Khong Chiam : c'est la meilleure manière de relier les sites entre eux (compter 200-250 bahts/jour). Sinon, négociez un tuk-tuk à la journée pour 600-800 bahts.
- Eaux du Mékong : le confluent two-color river est plus contrasté en saison sèche (décembre-mars), quand la rivière Mun reste claire et le Mékong reste chargé.
- Marché matinal : passez au marché de Khong Chiam entre 6h et 8h pour goûter les khao niao (riz gluant) et les soupes locales à base de poisson du fleuve.
- Frontière laotienne : le Laos est visible depuis plusieurs points de vue mais il n'existe pas de poste-frontière à Khong Chiam même. Le passage le plus proche se fait via Chong Mek, à 1h de route.
Où dormir ?
Aucune chaîne internationale ne s'est encore implantée à Khong Chiam. L'offre se compose de petites structures locales, idéales pour qui cherche le contact avec les habitants.
- Guesthouses (15-30 €/nuit) : chambres simples tenues en famille, souvent au bord du Mékong. Confort minimal mais accueil chaleureux et cuisine maison.
- Boutique-hôtels et resorts (60-120 €/nuit) : quelques adresses proposent bungalows en bois, terrasse face au fleuve et petit-déjeuner thaï. Réservation conseillée pendant la haute saison.
- Lodge haut-de-gamme (150 €+) : offre encore rare sur place. Beaucoup de voyageurs combinent une nuit à Khong Chiam et une nuit à Ubon Ratchathani, où l'hôtellerie est plus développée.
Pour des séjours plus longs ou plus confortables, il est courant de loger à Ubon Ratchathani et de venir à Khong Chiam à la journée.
Quand partir à Khong Chiam ?
À l'image du nord-est de la Thaïlande, Khong Chiam connaît un été pluvieux et un hiver sec. Les températures restent chaudes toute l'année, autour de 25 °C en moyenne.
- Novembre à février — haute saison. Températures plus douces (20-28 °C), précipitations basses, ciel dégagé. Idéal pour les randonnées, les levers de soleil à Pha Taem et les croisières sur le Mékong.
- Mars à mai — saison chaude. Chaleur sèche pouvant dépasser 35 °C. Les peintures rupestres restent accessibles tôt le matin.
- Juin à octobre — saison des pluies. Averses fréquentes en fin de journée, paysages de rizières au plus vert. Les rapides de Khaeng Tana sont impressionnants mais le rafting peut être suspendu pour raisons de sécurité.
Comment s'y rendre et se déplacer ?
Khong Chiam se trouve à 80 km du centre-ville d'Ubon Ratchathani. Pour les voyageurs pressés, le plus simple est de prendre l'avion depuis Bangkok : Thai AirAsia, Thai Smile Air et Nok Air assurent plusieurs vols quotidiens vers Ubon Ratchathani (1h de vol). Autre option, le train du réseau nord-est qui relie la capitale à Ubon Ratchathani et rejoint ensuite le Laos.
Depuis Ubon Ratchathani, il suffit de rejoindre la gare routière, en face du bazar, où les minibus locaux pour Khong Chiam récupèrent leurs passagers. Comptez 1h30 de trajet pour 80 bahts (environ 2,24 €). Un départ toutes les heures en moyenne, de 6h à 18h.
Sur place, la location de scooter (200-250 bahts/jour) reste la formule la plus pratique pour relier Pha Taem, Khaeng Tana et le Wat Tham Khuha Suwan. À défaut, plusieurs chauffeurs de tuk-tuk proposent des forfaits à la journée. Le centre-bourg se parcourt facilement à pied ou à vélo.
Vous aimeriez…
- Profiter d'une excursion en kayak au parc national de Khaeng Tana ;
- Observer les œuvres d'art rupestre du parc national de Pha Taem ;
- Voir des falaises érodées en forme de champignons ;
- Visiter les villages de pêcheurs au bord du Mékong ;
- Marcher au milieu des rizières verdoyantes ;
- Faire une croisière sur le Mékong jusqu'au confluent two-color river ;
- Assister au lever de soleil à Pha Taem, premier point de Thaïlande à voir le jour.
À découvrir aussi
- Phibun (28 km) — petite ville-étape sur la route entre Ubon et Khong Chiam.
- Ubon Ratchathani (34 km) — capitale provinciale, point d'entrée incontournable de l'Isan oriental.
- Yasothon (147 km) — célèbre pour son festival annuel des fusées Bun Bang Fai.
- Nakhon Phanom (253 km) — autre étape mékongaise, face au Laos.
- Khon Kaen (307 km) — grande ville culturelle de l'Isan.
FAQ
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