Nord et Chiang Mai
Notre région, celle de l'ancien royaume Lanna : vieille ville de Chiang Mai, boucle de Mae Hong Son, villages karen du Doi Inthanon et cuisine au khao soi.
Le Nord, c'est notre territoire de travail au quotidien. Nos bureaux sont à Chiang Mai et nous parcourons ces vallées toute l'année, du bassin du Ping aux crêtes frontalières avec la Birmanie. La géographie commande tout ici : une succession de chaînes orientées nord-sud, entrecoupées de vallées rizicoles, avec le Doi Inthanon qui culmine à 2565 mètres et marque le toit du pays. Les rivières Ping, Wang, Yom et Nan descendent vers la plaine centrale et structurent l'habitat ancien. Cette topographie explique pourquoi le Nord a longtemps vécu en marge de Bangkok, sous l'ancien royaume de Lanna, dont l'écriture, la cuisine et l'architecture des wats diffèrent encore nettement du centre.
Chiang Mai concentre l'essentiel de l'arrivée des voyageurs. La vieille ville forme un carré d'environ 1,5 km de côté, ceint de douves et de portes de brique, et abrite une trentaine de temples actifs dont Wat Phra Singh et Wat Chedi Luang, ce dernier amputé par le séisme de 1545. À l'extérieur des remparts, le quartier de Nimmanhaemin condense cafés, galeries et ateliers de jeunes designers, tandis que le marché de nuit du dimanche sur Ratchadamnoen reste un repère hebdomadaire pour goûter le khao soi, soupe de nouilles au curry jaune servie avec échalote crue et citron vert, plat emblématique de la cuisine du Nord.
Au-delà de Chiang Mai, la région se déplie en plusieurs sous-ensembles. Chiang Rai, à 3 heures de route au nord-est, sert de porte vers le Triangle d'Or et abrite le Wat Rong Khun, dit temple blanc, œuvre contemporaine de l'artiste Chalermchai Kositpipat encore en chantier. Plus à l'ouest, la boucle de Mae Hong Son enchaîne 1864 virages sur environ 600 kilomètres, traversant Pai dans sa vallée souvent noyée de brume matinale entre novembre et janvier, puis Mae Sariang. Cette boucle demande au minimum 4 jours de route si l'on veut s'arrêter, davantage si l'on intègre des marches.
Les peuples des montagnes font partie du paysage humain : Karen, Hmong, Lahu, Lisu, Akha, chacun avec sa langue, son habitat et son calendrier rituel. Nous travaillons surtout avec des villages karen autour de Mae Chaem et Mae Wang pour des marches de 1 à 3 jours, avec nuit chez l'habitant et porteur local. Le sujet des éléphants demande aussi un choix éclairé : nous orientons vers une poignée de sanctuaires sans monte, où les animaux issus du tourisme ou de l'exploitation forestière vivent en semi-liberté, principalement dans la vallée de Mae Wang et autour de Mae Taeng.
L'économie locale repose sur le riz, le café d'altitude planté entre 1000 et 1500 mètres dans les anciennes zones d'opium reconverties par le projet royal, l'artisanat du coton et de l'argent à San Kamphaeng et Bo Sang, et bien sûr le tourisme. La fête de Yi Peng, mi-novembre, lors de la pleine lune du douzième mois lunaire, voit des milliers de lanternes en papier de riz lâchées dans le ciel de Chiang Mai, en même temps que Loy Krathong dépose ses corolles de bananier sur les rivières. C'est la période la plus dense de l'année, à réserver 6 à 8 mois à l'avance.
À découvrir
Doi Inthanon et ses villages karen. Le point culminant du pays à 2565 mètres, avec forêts de mousses, chutes de Wachirathan et rizières en terrasses des hameaux karen autour de Mae Klang Luang, où l'on dort en bungalow de bambou à 1300 mètres d'altitude.
Boucle de Mae Hong Son. Environ 600 km et 1864 virages reliant Chiang Mai à Pai, Mae Hong Son et Mae Sariang à travers les crêtes frontalières, avec arrêts dans les villages Shan et bains chauds de Pong Dueat.
Cours de cuisine du Nord. Une journée dans une ferme bio autour de Mae Rim ou San Patong : marché aux herbes, préparation du khao soi, du nam prik num et du sai ua, la saucisse fermentée typique de Chiang Mai.
Yi Peng et Loy Krathong. Mi-novembre, lâcher de lanternes et offrandes flottantes pendant la pleine lune du douzième mois lunaire, dans les temples du centre historique et le long de la rivière Ping.
Sanctuaires d'éléphants de Mae Wang. À 1 heure au sud-ouest de Chiang Mai, observation et soins d'éléphants retirés du tourisme de monte, dans des structures qui limitent les groupes à 6 ou 8 visiteurs par jour.
Quand y aller
La meilleure fenêtre s'étend de novembre à février : ciels dégagés, journées entre 22 et 28°C en plaine, nuits fraîches autour de 10 à 15°C à Chiang Mai et descendant à 5°C sur le Doi Inthanon, prévoir une polaire et un bonnet pour les levers de soleil en altitude. Mars et avril concentrent deux problèmes : les températures grimpent à 38-40°C, et surtout la saison des brûlis agricoles charge l'air de particules fines, avec des pics qui ferment parfois la visibilité à quelques centaines de mètres dans les vallées. Nous déconseillons ces deux mois aux voyageurs sensibles ou aux familles avec jeunes enfants.
La mousson court de mai à octobre, avec un pic en août-septembre, mais les pluies tombent surtout en fin d'après-midi sous forme d'averses d'1 à 2 heures. La campagne est alors verte, les rizières en eau et les cascades pleines, c'est une saison que nous aimons malgré quelques pistes de trek rendues glissantes. Octobre marque une transition agréable, peu fréquentée, avec encore de la verdure et déjà moins de pluie.
Conseils pratiques
Nous recommandons 5 à 7 jours sur place pour ne pas se contenter de Chiang Mai : 2 jours dans la vieille ville et ses environs (Doi Suthep, ateliers d'artisans), 1 journée éléphants ou cuisine, puis 3 jours en boucle vers Pai et Mae Hong Son, ou 2 jours vers Chiang Rai et le Triangle d'Or. L'aéroport international de Chiang Mai dessert directement Bangkok en 1h10, ainsi que plusieurs capitales asiatiques, ce qui en fait un excellent point d'entrée ou de sortie du pays.
La combinaison la plus fluide associe le Nord à Bangkok et la plaine centrale en début de voyage (train de nuit possible vers Chiang Mai en 12 heures), puis enchaîne sur la Côte d'Andaman ou le Golfe de Thaïlande pour la partie balnéaire via un vol intérieur d'1h30. Les voyageurs curieux de ruralité prolongent plutôt vers l'Isan, le Nord-Est, accessible par la route depuis Chiang Rai en passant par Nan. Le confort hôtelier va du guesthouse familial à 30 euros aux lodges de charme en teck à plus de 250 euros la nuit. Le Nord convient particulièrement aux contemplatifs, aux marcheurs de niveau modéré, aux familles avec enfants à partir de 6 ans, et à quiconque s'intéresse à l'artisanat, à la cuisine et à la vie monastique encore très présente.