Vendredi 13 : tour du monde des superstitions les plus insolites !
Regard13 décembre 20196 min de lecture

Vendredi 13 : tour du monde des superstitions les plus insolites !

Huit croyances populaires qui racontent, mieux qu'on ne l'imagine, le rapport des cultures au hasard.

Au sommaire

  • Le mardi 13 en Espagne
  • Le nombre 17 en Italie
  • Le chiffre 4 en Chine
  • La valise vide en Colombie
  • Le sac posé à terre au Brésil
  • Les premières fois au Vietnam
  • Les araignées en Finlande
  • Les geckos au Sri Lanka

Jour faste pour les uns, présage funeste pour les autres : le vendredi 13 ne laisse personne indifférent. Mais saviez-vous qu'à travers le monde, chaque culture entretient ses propres croyances, parfois cocasses, souvent surprenantes ? Des chiffres redoutés aux gestes du Nouvel An en passant par le langage des animaux, voici un tour d'horizon des superstitions les plus insolites que l'on peut croiser en voyageant.

Le mardi 13, terreur des Espagnols

De l'autre côté des Pyrénées, le calendrier ne suscite pas tout à fait les mêmes frissons. Si la France redoute le vendredi 13, l'Espagne tremble plutôt face au mardi 13. L'origine de cette défiance se niche dans l'étymologie : le mot martes dérive de Mars, dieu romain de la guerre, associé à la violence et au chaos. Un dicton populaire résume parfaitement la prudence ibérique :

En martes 13, ni te cases ni te embarques ni de tu casa te apartes.

Traduction : ce jour-là, on évite de se marier, de prendre l'avion et même de quitter son domicile. La superstition est si ancrée qu'elle a influencé jusqu'à l'industrie du cinéma : la franchise Vendredi 13 a été rebaptisée Martes 13 dans plusieurs pays hispanophones lors de sa sortie.

Le 17, chiffre maudit en Italie

Pas de psychose autour du 13 chez nos voisins transalpins — au contraire, il y est plutôt synonyme de chance et de prospérité. La crainte se reporte sur un autre nombre : le 17. La raison est purement linguistique. Écrit en chiffres romains, 17 donne XVII, anagramme de VIXI, qui signifie « j'ai vécu » en latin… autrement dit « ma vie est terminée ». De quoi installer durablement le malaise.

Cette croyance n'a rien d'anecdotique : la compagnie aérienne Alitalia avait pour habitude de sauter la rangée 17 dans ses cabines, et certains hôtels italiens passent directement du 16e au 18e étage. Le constructeur Renault, en exportant sa R17 outre-Alpes, l'avait d'ailleurs renommée R177 pour ne pas froisser sa clientèle.

Le chiffre 4, à éviter en Chine

Direction l'Asie pour clore notre série de chiffres redoutés. En Chine, c'est le 4 qui cristallise les peurs. Sa prononciation () est presque identique à celle du mot « mort » (), au point qu'il est devenu un véritable tabou. Cette aversion, baptisée tétraphobie, se retrouve aussi au Japon, en Corée et à Taïwan.

Au quotidien, le chiffre est tout bonnement banni : de nombreux immeubles n'ont pas de 4e étage (on passe directement du 3 au 5), les numéros de téléphone qui en contiennent sont vendus à prix cassé, et certains commerçants préfèrent afficher « 3+1 yuans » plutôt que d'inscrire le tarif redouté. À l'inverse, le 8 est adoré, car sa prononciation rappelle le mot « richesse » — ce n'est pas un hasard si les Jeux olympiques de Pékin se sont ouverts le 8/8/2008 à 8h08.

Une valise vide pour conjurer le sort en Colombie

Cap sur l'Amérique latine, où les rituels du Nouvel An sont aussi joyeux qu'inattendus. En Colombie, à minuit pile le 31 décembre, il n'est pas rare de voir des silhouettes courir autour du pâté de maisons, une valise vide à la main. Le geste, exécuté avec sérieux, est censé garantir une année riche en voyages et en aventures.

La tradition s'inscrit dans une longue série de coutumes colombiennes du réveillon : enfiler des sous-vêtements jaunes pour la prospérité, manger douze grains de raisin sur les douze coups de minuit, ou encore brûler un mannequin de chiffon (el año viejo) pour clore symboliquement l'année écoulée.

Au Brésil, jamais le sac par terre

Toujours en Amérique du Sud, mais sous une autre forme. Au Brésil, poser son sac à main directement sur le sol est considéré comme un véritable appel à la guigne financière. La croyance est claire : un sac qui touche la terre, c'est de l'argent qui s'en va. Les Brésiliennes glissent presque systématiquement un petit accroche-sac dans leurs affaires pour le suspendre à la table d'un restaurant ou d'un café.

Les hommes, eux, redoublent de vigilance avec leur portefeuille : le faire tomber serait synonyme de pertes prochaines. Mieux vaut donc soigner ses gestes et garder ses effets personnels près de soi — un conseil qui, soit dit en passant, vaut aussi pour des raisons bien plus pragmatiques de sécurité dans les grandes villes.

L'importance des « premières fois » au Vietnam

Au Vietnam, la superstition prend une dimension presque philosophique. Tout ce qui survient « en premier » est observé avec attention, car perçu comme un présage pour la suite. Lors du Têt, le Nouvel An lunaire, la coutume du xông đất veut que la première personne à franchir le seuil de la maison influence l'année entière de la famille.

Mieux vaut donc qu'il s'agisse d'un proche au caractère solaire, en bonne santé, et idéalement né sous un signe astrologique compatible. Ce souci de la « première fois » se prolonge tout au long de l'année : la première rencontre du matin, le premier client d'une boutique ou le premier appel reçu sont scrutés comme autant d'indices sur la journée à venir. Une manière, finalement, de prêter attention aux signes que l'on néglige souvent ailleurs.

Les araignées, baromètres finlandais

Mauvaise nouvelle pour les arachnophobes en visite à Helsinki : en Finlande, écraser une araignée est très mal vu. La croyance populaire affirme qu'un tel geste déclenche immanquablement la pluie le lendemain. Pour un pays où le climat n'est déjà pas des plus cléments, autant ne pas tenter le diable.

Cette superstition s'inscrit dans une tradition nordique plus large où les petits animaux sont considérés comme des messagers de la nature. On retrouve d'ailleurs des variantes en Estonie et dans certaines régions de Russie. La prochaine fois que vous croiserez une de ces locataires à huit pattes dans un chalet finlandais, mieux vaut donc l'inviter poliment à sortir.

Les geckos, oracles du Sri Lanka

Au Sri Lanka, les geckos ne sont pas de simples lézards : ce sont de véritables conseillers spirituels. La culture locale leur prête un lien direct avec les esprits, et leurs cris sont écoutés avec attention au moment de prendre une décision importante.

Le décodage est précis : un gazouillement doux signifie que la voie est libre et bénie, tandis qu'un cri qui s'intensifie ou se répète sert d'avertissement clair — il faut alors revoir ses plans. Cette croyance est si vivace qu'il existe même des manuels traditionnels, les palli vidya, qui interprètent la signification des cris du gecko selon le moment de la journée et la direction d'où ils proviennent. De quoi donner envie de tendre l'oreille la prochaine fois que vous séjournerez sur l'île.

Florine Dergelet

Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Culture & traditionsMis à jour le 7 mai 2026