Rétrospective des bonnes nouvelles de l’année 2019
Regard30 décembre 20197 min de lecture

Rétrospective des bonnes nouvelles de l’année 2019

Avancées sociales, sursauts écologiques et espèces sauvées : ce que 2019 nous a appris à célébrer.

Aux infos comme dans les journaux, sur les réseaux sociaux et plus largement sur la toile, les mauvaises nouvelles s'accumulent jour après jour. Difficile, dans ce flot continu, de ne pas voir le moral s'effriter. Pourtant, à y regarder de plus près, l'année écoulée a aussi apporté son lot de raisons d'espérer. Avant de tourner la page, nous avons souhaité prendre le contre-pied de l'actualité anxiogène avec une rétrospective des bonnes nouvelles de 2019 : avancées sociétales, victoires environnementales, retour d'espèces que l'on croyait perdues… Autant de signaux positifs pour terminer la décennie sur une note lumineuse.

Au sommaire

  • Les victoires sociales et sociétales
  • Les victoires pour l'environnement
  • Les victoires pour les espèces animales

Les victoires sociales et sociétales

La dépénalisation de l'homosexualité progresse

Après l'Inde en 2018, plusieurs États ont franchi à leur tour le pas en supprimant les articles de loi qui criminalisaient les relations entre personnes de même sexe. L'Angola est allé plus loin que la simple dépénalisation : le pays a également inscrit dans son code pénal l'interdiction des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. Le Botswana a lui aussi tourné une page de son histoire en juin, en suivant la même direction.

L'année a par ailleurs été jalonnée de légalisations du mariage entre personnes du même sexe : en Irlande du Nord, en Autriche, et surtout à Taïwan, devenu en mai le premier pays d'Asie à ouvrir le mariage à tous les couples. Une décision dont la portée symbolique dépasse largement les frontières de l'île.

Les droits des femmes gagnent du terrain

Côté droits des femmes, deux pays ont marqué un tournant. L'Australie a achevé la légalisation de l'avortement sur l'ensemble de son territoire avec l'adoption du texte en Nouvelle-Galles du Sud, dernier État du pays à interdire encore l'IVG. Quant à l'Irlande du Nord — longtemps considérée comme l'une des juridictions les plus restrictives d'Europe sur le sujet — elle a finalement vu la pratique être dépénalisée en octobre. Si les modalités d'adoption ont nourri quelques tensions politiques, le fond de l'avancée reste, lui, indéniable.

Une avancée discrète au Kirghizistan

Plus loin de la lumière médiatique, le Kirghizistan a franchi en mars une étape attendue depuis plus d'une décennie : la signature de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Cette ratification doit beaucoup à la mobilisation de Gulzar Duishenova, militante elle-même en fauteuil, soutenue par les équipes d'Amnesty International. Un combat de longue haleine qui ouvre la voie à des aménagements concrets dans un pays où les infrastructures restent largement inadaptées.

Les victoires pour l'environnement

Une planète qui reverdit

Entre les forêts ravagées par les flammes — de l'Amazonie à l'Australie — et les océans saturés de plastique, 2019 n'a pas été tendre avec notre environnement. Pourtant, des signaux de fond invitent à nuancer le tableau. Selon une étude relayée par la NASA, la surface végétale de la planète a progressé d'environ 5 % au cours des deux dernières décennies, en grande partie grâce aux politiques de reforestation menées en Chine et en Inde.

D'autres pays se sont distingués cette année. Le Pakistan a annoncé avoir atteint son objectif dans le cadre du projet "Billion Tree Tsunami" — un milliard d'arbres plantés dans la province du Khyber Pakhtunkhwa. Aux Philippines, une nouvelle loi conditionne désormais l'obtention du diplôme à la plantation d'au moins dix arbres par élève. À l'échelle nationale, cela représente potentiellement des centaines de millions d'arbres chaque année.

Des projets polluants enterrés

2019 a également été l'année de plusieurs renoncements significatifs. Plusieurs projets industriels lourdement polluants ont été abandonnés malgré les enjeux financiers en jeu. C'est le cas de la centrale à charbon de Mong Mok en Birmanie ou de celle de Celukan Bawang en Indonésie, deux infrastructures qui suscitaient l'opposition farouche des populations locales.

La décision la plus spectaculaire revient sans doute à la Norvège, qui a tourné le dos à environ 65 milliards de dollars en renonçant à un projet de forage pétrolier au large des îles Lofoten, joyau naturel de l'Arctique. À l'inverse, les énergies propres continuent de gagner en puissance : à Ouarzazate, au Maroc, l'ensemble Noor a été pleinement mis en service, devenant l'un des plus grands complexes solaires du monde. Sa production peut alimenter en électricité plus d'un million de foyers — un chiffre qui donne la mesure de ce que peut accomplir une stratégie énergétique tournée vers le renouvelable.

Une jeunesse qui prend la parole

Au-delà des décisions politiques, 2019 restera comme l'année où les consciences se sont ébranlées sur la question climatique. Le phénomène doit beaucoup à Greta Thunberg, dont la grève scolaire devant le Parlement suédois a essaimé en marches mondiales rassemblant des millions de jeunes. Mais elle est loin d'être seule. En Thaïlande, Ralyn Satidtanasarn, plus connue sous le surnom de Lilly, mène depuis ses douze ans une croisade contre le plastique à usage unique. Sa persévérance a déjà convaincu plusieurs grandes enseignes de distribution thaïlandaises de s'engager à supprimer les sacs plastiques dès 2020.

Cet élan citoyen s'est aussi exprimé en ligne, avec des défis viraux comme le Trashtag Challenge, qui invite à photographier un lieu pollué avant et après son nettoyage. Une manière simple, mais efficace, de transformer la prise de conscience en action concrète.

Les victoires pour les espèces animales

Le constat global reste préoccupant : la liste des espèces menacées s'allonge année après année. Pour autant, 2019 a apporté des preuves tangibles que des programmes de conservation bien menés peuvent inverser la tendance, parfois de manière spectaculaire.

Le retour d'espèces que l'on pensait perdues

Aux États-Unis, la tortue de Kemp, longtemps classée en danger critique, a vu sa population progresser d'environ 284 % grâce à des efforts de protection menés depuis plusieurs décennies. Même dynamique du côté des baleines à bosse et des loutres de mer, dont les effectifs remontent peu à peu, fruits du travail engagé sous l'Endangered Species Act.

Dans les Galapagos, février a livré une surprise réjouissante : la redécouverte d'une tortue géante de l'espèce Chelonoidis phantasticus, qui n'avait plus été observée depuis plus de cent ans. En Inde, le recensement national publié en 2019 a révélé que la population de tigres sauvages a augmenté de près de 30 % en quatre ans, atteignant près de 3 000 individus. En Afrique centrale, la lutte acharnée contre le braconnage continue de porter ses fruits : les gorilles des montagnes de la République démocratique du Congo et du Rwanda ont vu leur nombre croître au point que l'UICN les a fait passer en 2018 du statut "en danger critique" à "en danger". Des dynamiques rares — et précieuses — qu'il faut saluer.

Le bien-être animal entre dans la loi

Au-delà des chiffres de population, 2019 a aussi consacré des avancées normatives importantes en matière de traitement des animaux. À Angkor, au Cambodge, les autorités ont mis fin aux balades à dos d'éléphant sur le site archéologique, tradition profondément ancrée mais lourdement contestée par les défenseurs de la cause animale. Les derniers pachydermes ont été transférés vers une zone forestière où ils peuvent vivre en liberté.

Les cirques utilisant des animaux sauvages ont été interdits en Grande-Bretagne, en Belgique, au Portugal, ainsi que dans 291 villes et communes françaises — une tendance de fond que la France entérinera plus largement dans les années suivantes. En Équateur, l'Assemblée nationale a adopté en septembre un amendement consacré à la protection animale : tout mauvais traitement infligé à un animal est désormais passible d'un à trois ans d'emprisonnement. Enfin, l'Espagne a définitivement interdit le festival du Toro de la Vega, où un taureau était traditionnellement traqué et tué à coups de lance. Une preuve, parmi d'autres, que les traditions ne sont jamais figées et qu'elles peuvent évoluer au rythme des consciences.

Et vous, quelles sont les bonnes nouvelles qui vous ont marqué en 2019 ?

Florine Dergelet

Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Culture & traditionsMis à jour le 7 mai 2026