Voyager responsable : nos indispensables à mettre dans sa valise
Regard1 décembre 202310 min de lecture

Voyager responsable : nos indispensables à mettre dans sa valise

Alléger sa valise, c'est déjà alléger son empreinte.

Au sommaire

  • Faire le tri pour voyager le plus léger possible
  • Opter pour des accessoires zéro déchet
  • Faire la chasse aux produits néfastes pour l'environnement et la santé
  • Et le choix de la valise ?
  • FAQ

Avec l'urgence climatique, chaque détail de notre manière de voyager mérite d'être repensé — y compris la façon dont nous bouclons nos bagages. Préparer sa valise n'a rien d'anodin : c'est, en réalité, l'un des premiers gestes concrets pour alléger l'empreinte d'un voyage. Voici nos repères pour partir plus léger, plus sobre, et plus respectueux des lieux que vous traverserez.

Faire le tri pour voyager le plus léger possible

Le premier réflexe pour une valise responsable tient en un mot : l'essentiel. Voyager léger, ce n'est pas seulement gagner en confort, c'est aussi diminuer mécaniquement son empreinte carbone. La règle est physique : plus un avion est chargé, plus il consomme de carburant, et plus il rejette de CO₂ dans l'atmosphère. Chaque kilo compte, vraiment.

Le chiffre à retenir :

Selon l'Agence de la transition écologique (ADEME) : « Si on prend l'exemple d'un vol Londres-Tenerife, 15 kg de moins dans ses bagages économise entre 100 et 200 kg équivalent CO2 ! »

Vous êtes plutôt du genre à glisser toute votre garde-robe « au cas où » ? Voici quelques principes simples pour reprendre la main sur votre valise :

  • Choisir un format de bagage modeste plutôt qu'une grande coque à roulettes : moins d'espace, moins de tentation de surcharger.
  • Sélectionner les vêtements en fonction du climat réel de la destination et des codes vestimentaires locaux (utile, par exemple, dans les pays où l'on visite des lieux de culte).
  • Miser sur des basiques aux teintes neutres qui se combinent facilement entre eux.
  • Privilégier des pièces multi-usages : un paréo, par exemple, sert tour à tour d'écharpe en avion, de serviette de plage et de tenue d'appoint.
  • Laisser à la maison les équipements encombrants : combinaison de plongée, raquette de tennis ou matériel de snorkeling se louent presque toujours sur place.
  • Réfléchir avant d'investir dans du matériel spécifique (camping, ski, randonnée) : si l'usage est ponctuel, l'emprunt ou la location locale reste la meilleure option.
  • Vérifier ce que propose l'hébergement : inutile d'embarquer serviettes, sèche-cheveux ou shampoing si tout est déjà fourni.
  • Porter sur soi le jour du départ les vêtements les plus volumineux (manteau, chaussures de marche), pour libérer de la place dans le bagage.

Opter pour des accessoires zéro déchet

Une fois le tri effectué, reste à composer sa valise pour limiter au maximum les déchets produits sur place. L'objectif est double : préserver les ressources naturelles de la destination et éviter d'acheter, en chemin, des emballages plastiques que vous laisseriez derrière vous.

Les déchets plastiques, un fléau mondial

Selon une enquête de Save 4 Planet, seuls 9 % des déchets plastiques ont été recyclés dans le monde. Chaque jour, environ 22 000 tonnes de plastique finissent dans les océans, soit près de 8 millions de tonnes par an. Une partie de ces déchets provient directement du tourisme.

Voici les indispensables à glisser dans son bagage pour réduire significativement ses déchets en voyage.

Une gourde, des pastilles de purification et des pailles réutilisables

La gourde est probablement l'objet le plus rentable, écologiquement parlant, qu'un voyageur puisse emporter. Sur un séjour de deux semaines, elle évite des dizaines de bouteilles plastique achetées à la volée.

Si l'eau du robinet n'est pas potable à destination, deux options : les pastilles de purification, qui éliminent les bactéries, ou une gourde filtrante de type LifeStraw, capable de rendre potables les eaux claires de surface en filtrant bactéries et protozoaires. Pratique en trek ou dans les régions reculées.

Et pour ceux qui apprécient leur cocktail à la paille, glissez quelques pailles en bambou, en métal ou en silicone dans une petite pochette : elles tiennent dans une trousse de toilette et durent des années.

Un tote-bag ou un sac en tissu

Marché local, course express avant un pique-nique, virée à la plage ou découverte d'un artisanat… le sac en tissu se déplie partout et remplace efficacement les sachets plastiques distribués à chaque achat. Léger, pliable, multi-usages : c'est l'accessoire à zéro contrainte.

Des ustensiles de cuisine réutilisables

Si votre voyage comporte des étapes en autonomie — pique-niques, randonnées, bivouacs ou nuits en logement avec cuisine —, prévoyez une petite boîte hermétique et un set de couverts réutilisables. Cela évite la cascade de barquettes en polystyrène et de fourchettes jetables que génèrent les plats à emporter.

Pour les en-cas, le Bee Wrap (tissu enduit de cire d'abeille) remplace avantageusement le film alimentaire et l'aluminium. Une éponge en tissu suffit ensuite à laver le tout.

Une batterie externe solaire

Pour un voyage sous des latitudes ensoleillées, la batterie solaire est précieuse : elle recharge téléphone, lampe frontale ou liseuse sans dépendre du réseau électrique. Particulièrement utile en trek, en bivouac ou dans les zones où les coupures d'électricité sont fréquentes.

Un cendrier de poche

Les mégots font partie des déchets les plus polluants au monde : un seul peut contaminer jusqu'à 500 litres d'eau. Pour les fumeurs, le cendrier de poche évite d'avoir à chercher une poubelle et — surtout — de céder à la facilité de l'écraser au sol. Pas de cendrier sous la main ? Un mini-pot de confiture vide fait parfaitement l'affaire.

D'autres petits gestes qui font la différence…

Privilégiez les versions numériques pour vos cartes d'embarquement et vos confirmations de réservation (hébergements, excursions, transports). Et si vous tenez à un guide papier, optez pour un exemplaire d'occasion ou prêté par un proche plutôt qu'un neuf.

Faire la chasse aux produits néfastes pour l'environnement et la santé

Voyager responsable, c'est aussi prêter attention à ce que l'on emporte dans sa trousse de toilette. Beaucoup de cosmétiques classiques contiennent des substances qui finissent dans les eaux usées… puis dans les rivières et les océans des pays visités.

Préparer une trousse de toilette écologique

Le principe est simple : remplacer les produits jetables et chargés en composés chimiques par des alternatives solides, sans emballage et biodégradables. Quelques essentiels à privilégier :

  • un shampoing solide et un savon solide ;
  • des lingettes et mouchoirs lavables ;
  • une brosse à dents en bambou ;
  • un dentifrice solide ou, à défaut, naturel ;
  • un déodorant solide ou en poudre ;
  • des cotons démaquillants lavables ;
  • des cotons-tiges réutilisables (en bois ou un oriculi) ;
  • du gel d'aloe vera ou des huiles végétales en remplacement des crèmes hydratantes et soins capillaires ;
  • des protections hygiéniques réutilisables : coupe menstruelle, culottes de règles ou serviettes lavables ;
  • une lessive écologique pour laver son linge soi-même et maîtriser sa consommation d'eau.

Bon à savoir : les cosmétiques solides passent les contrôles de sécurité aéroportuaire sans difficulté, contrairement aux liquides limités à 100 ml. Un argument de plus pour ceux qui voyagent uniquement en cabine.

Bicarbonate de soude et savon de Marseille : les deux alliés multi-usages

Pour aller plus loin, deux produits suffisent souvent à couvrir l'essentiel. Le savon de Marseille fait office de gel douche, de détachant pour le linge et même de liquide vaisselle. Le bicarbonate de soude, lui, peut servir de déodorant, de dentifrice, de gommage ou encore de shampoing sec. Économique, polyvalent et sans emballage.

Choisir une crème solaire respectueuse des océans

D'après une étude scientifique américaine de 2015, près de 14 000 tonnes de crème solaire finissent chaque année dans les mers, contribuant à la dégradation des récifs coralliens et à la perturbation de la vie marine. Plusieurs destinations — Hawaï, Palau, certaines îles mexicaines — ont d'ailleurs interdit les filtres chimiques les plus nocifs sur leurs plages.

Notre conseil : optez pour une crème solaire certifiée biologique, en évitant les formulations contenant de l'oxybenzone et de l'octinoxate. Pensez aussi à appliquer la crème environ 30 minutes avant la baignade, le temps qu'elle pénètre la peau. Enfin, le meilleur moyen de réduire l'usage de crème reste encore la protection mécanique : tee-shirts anti-UV, chapeau à large bord et lunettes de soleil.

Préférer des répulsifs anti-moustiques naturels

Les répulsifs classiques contiennent souvent des composés peu recommandables pour l'environnement : DEET, pyréthroïdes, perméthrine, cyfluthrine… Plusieurs alternatives existent : sprays naturels à base d'huiles essentielles de citronnelle, de géranium ou de menthe poivrée, bracelets imprégnés, ou encore moustiquaire de voyage. Dans les zones à risque de paludisme, demandez toutefois conseil à un médecin avant de partir : la dimension sanitaire prime.

Ramener ses déchets à la maison

Beaucoup de pays touristiques ne disposent pas d'infrastructures de tri ni de recyclage. Pour les déchets les plus problématiques — piles usagées, cartouches, médicaments périmés, petites batteries — le bon réflexe consiste à les rapporter dans son bagage et à les déposer dans la bonne filière une fois rentré chez soi. Un effort minime qui évite qu'ils ne finissent dans une décharge sauvage.

Et le choix de la valise ?

Le contenu compte, mais le contenant aussi. Pour aller au bout de la démarche, le choix du bagage lui-même mérite réflexion.

Si vous voyagez fréquemment, mieux vaut investir dans un sac ou une valise robuste, conçue avec des matières recyclées ou recyclables, idéalement fabriquée en France ou en Europe. Le calcul est simple : un bagage solide qui dure dix ans aura toujours moins d'impact que trois modèles bas de gamme remplacés successivement.

De plus en plus de marques proposent désormais des valises réparables, avec pièces détachées (notamment pour les roulettes, point de fragilité numéro un) et services de réparation à long terme. Un critère à privilégier au moment de l'achat.

Vous voyagez seulement de temps en temps ? Pourquoi ne pas opter pour une valise d'occasion, ou en emprunter une à un proche ? Le bagage le plus écologique reste, comme souvent, celui qui existe déjà.

Il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter de belles préparations — et de beaux départs.

FAQ

Pourquoi voyager léger réduit-il l'empreinte carbone ?

Parce que plus un avion est chargé, plus il consomme de carburant. L'ADEME estime que sur un vol Londres-Tenerife, 15 kg de moins dans ses bagages permettent d'économiser entre 100 et 200 kg équivalent CO₂. Multiplié par tous les passagers, l'effet devient considérable.

Quels produits cosmétiques sont autorisés en cabine ?

Les produits liquides sont limités à des contenants de 100 ml maximum, regroupés dans un sac transparent. Les cosmétiques solides (shampoing, savon, dentifrice, déodorant) ne sont pas concernés par cette restriction : un avantage supplémentaire pour ceux qui voyagent sans bagage en soute.

Quelle crème solaire choisir pour préserver les récifs coralliens ?

Privilégiez une crème solaire certifiée biologique, sans oxybenzone ni octinoxate, deux substances pointées du doigt pour leur toxicité sur les coraux. Plusieurs destinations comme Hawaï ou Palau les ont d'ailleurs interdites. Les filtres minéraux non nano-particulaires sont généralement les mieux tolérés par les écosystèmes marins.

Comment faire si l'eau n'est pas potable à destination ?

Plutôt que d'enchaîner les bouteilles plastique, deux solutions : des pastilles de purification, légères et efficaces contre les bactéries, ou une gourde filtrante (type LifeStraw) qui rend potables les eaux claires de surface. Idéal pour les treks et les voyages dans des régions où le plastique recyclé est rare.

Vaut-il mieux acheter une valise neuve ou d'occasion ?

Si vous voyagez occasionnellement, l'occasion ou l'emprunt restent les options les plus sobres. Pour un usage régulier, mieux vaut investir dans un bagage durable, conçu en matériaux recyclés et idéalement réparable, plutôt que de multiplier les modèles bas de gamme à courte durée de vie.

Florine Dergelet

Continuer ce voyage

D'autres pierres vers une destination

Univers de voyage

Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Préparer son voyageMis à jour le 7 mai 2026