Les moyens de transports les plus insolites à travers le monde
Regard3 mars 20205 min de lecture

Les moyens de transports les plus insolites à travers le monde

Du tuk-tuk thaïlandais aux bateaux de totora du lac Titicaca, huit façons de se déplacer qui racontent un pays.

Si le taxi, le bus et le métro font partie de notre quotidien, d'autres pays ont conservé — ou inventé — des manières bien plus singulières de se déplacer. Bateau en roseau, taxi-brousse, tuk-tuk, train de bambou, jeep ou bus scolaires revisités… De l'Asie à l'Afrique en passant par l'Amérique latine, embarquez pour un tour du monde des moyens de transport les plus insolites, ceux qui racontent autant un territoire que ceux qui les empruntent.

Au sommaire

  • Le tuk-tuk en Thaïlande
  • Le rickshaw en Inde
  • Le taxi-brousse à Madagascar
  • Le coco taxi à Cuba
  • Le chicken bus au Guatemala
  • Le train de bambou au Cambodge
  • Les jeepneys aux Philippines
  • Les bateaux de totora au Pérou

1. Le tuk-tuk en Thaïlande

Figure emblématique de la Thaïlande, le tuk-tuk n'est pourtant pas l'apanage de Bangkok : on le croise aussi au Laos, au Cambodge, au Vietnam, en Inde et plus largement à travers toute l'Asie du Sud-Est. Ce petit tricycle motorisé, conçu à partir d'un châssis de moto et coiffé d'une carriole couverte, transporte trois à quatre passagers serrés à l'arrière. Son nom même viendrait du bruit caractéristique de ses anciens moteurs deux-temps. À privilégier pour les trajets courts en centre-ville : il est généralement moins cher qu'un taxi, à condition de négocier le prix avant de monter — un usage incontournable.

2. Le rickshaw en Inde

Cousin éloigné du tuk-tuk, le rickshaw indien se décline en plusieurs versions. La plus traditionnelle, le cycle-rickshaw, est tirée par un homme à vélo, encore omniprésent dans les ruelles d'Old Delhi ou de Calcutta. La version motorisée, l'auto-rickshaw, repose sur un scooter ou une motocyclette équipé d'une cabine. Plus qu'un simple mode de déplacement, le rickshaw fait partie intégrante de la culture indienne : il permet de se faufiler dans la circulation dense des grandes villes et offre une immersion immédiate dans la vie locale, à hauteur de rue, au plus près du bruit et des odeurs des marchés.

3. Le taxi-brousse à Madagascar

Indissociable des paysages d'Afrique subsaharienne, le taxi-brousse règne sur les routes de Madagascar, mais aussi du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou du Burkina Faso. Souvent un minibus ou un break à plateau, il relie les villages aux grands centres urbains et constitue l'un des moyens de transport les plus économiques du continent. Une dizaine de passagers s'y entassent, parfois davantage, accompagnés de paniers, sacs de riz et volailles arrimées sur le toit. À Madagascar, embarquer dans un taxi-brousse, c'est aussi accepter une certaine philosophie du voyage : le départ se fait quand le véhicule est plein, et les pauses rythment des trajets parfois longs, mais toujours mémorables.

4. Le coco taxi à Cuba

Si l'Asie du Sud-Est a son tuk-tuk, Cuba a son coco taxi. Impossible de le manquer dans les rues de La Havane : jaune vif, sa coque arrondie évoque sans détour une noix de coco coupée en deux, d'où son surnom. Ce petit véhicule à trois roues dérivé d'un scooter peut accueillir jusqu'à trois passagers, et file à bonne allure dans les avenues du Malecón. Apparu dans les années 1990, à une époque où Cuba diversifiait son offre touristique, il est aujourd'hui devenu un emblème pittoresque de l'île, plébiscité pour les courtes distances et les balades de découverte.

5. Le chicken bus au Guatemala

Direction l'Amérique centrale, et particulièrement le Guatemala, le Panama ou le Salvador, pour rencontrer le chicken bus. Ces véhicules colorés sont d'anciens bus scolaires américains (les fameux Blue Bird jaunes) rachetés en fin de service, repeints à grands renforts de motifs flamboyants, de chromes et de stickers. Chaque chauffeur signe son bus comme un artiste, certains poussant le détail jusqu'à installer des sonos puissantes pour diffuser cumbia et reggaeton à plein volume. Leur surnom vient du fait qu'on y voyage souvent serré, parfois entre deux paniers de poules. Bruyant, lancé à toute allure dans les virages des hauts plateaux, le chicken bus est une expérience sensorielle à lui seul.

6. Le train de bambou au Cambodge

Envie d'un transport aussi insolite qu'authentique ? Cap sur le Cambodge, à quelques kilomètres de Battambang, où circule le fameux norry, plus connu sous le nom de train de bambou. Le mot « train » est trompeur : il s'agit en fait d'une simple plateforme en lattes de bambou posée sur deux essieux, propulsée par un petit moteur de bateau. Né après la guerre civile pour pallier l'effondrement du réseau ferroviaire, ce moyen de transport ingénieux a été récupéré par les habitants pour acheminer marchandises et passagers. Sa singularité tient à un détail savoureux : la voie est unique. Quand deux norrys se croisent, celui qui transporte le moins de passagers est démonté en quelques secondes pour laisser passer l'autre. Une scène déconcertante… et très cambodgienne.

7. Les jeepneys aux Philippines

Aux Philippines, impossible de passer à côté des jeepneys. Ces jeeps allongées et customisées à l'extrême sont l'héritage direct de la Seconde Guerre mondiale : à leur départ, les soldats américains ont laissé sur place des centaines de jeeps militaires que les Philippins ont rallongées, équipées de banquettes parallèles et décorées de peintures, de chromes et de fanions. Devenus le symbole de la débrouillardise locale, ils servent aujourd'hui de transports collectifs urbains à Manille comme dans les provinces. Chaque jeepney est unique, à la fois œuvre populaire et icône culturelle — au point qu'un projet gouvernemental de modernisation a soulevé d'importants débats ces dernières années.

8. Les bateaux de totora au Pérou

Un bateau intégralement tressé en fibre végétale, ça vous tente ? Rendez-vous au Pérou, sur les rives du lac Titicaca, à plus de 3 800 mètres d'altitude. Ici, les communautés Uros perpétuent un savoir-faire millénaire en confectionnant leurs embarcations à partir du totora, une plante aquatique de la famille des roseaux qui pousse en abondance dans les eaux du lac. Cette même fibre sert d'ailleurs à construire les célèbres îles flottantes sur lesquelles vivent les Uros. Élégantes, parfois ornées d'une tête de dragon ou de puma à la proue, ces barques traditionnelles paraissent presque trop frêles pour fendre les eaux glacées du Titicaca — et c'est pourtant ce qu'elles font depuis des siècles.

Florine Dergelet

Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Expériences localesMis à jour le 7 mai 2026