5 films cultes qui nous donnent envie de voyager
Regard24 octobre 20194 min de lecture

5 films cultes qui nous donnent envie de voyager

Cinq œuvres cinématographiques pour rêver d'ailleurs et préparer ses prochains départs.

Au sommaire

  • Into the Wild — l'appel sauvage de l'Alaska
  • Sept ans au Tibet — l'Himalaya et la rencontre du Dalaï-Lama
  • Carnets de voyage — l'Amérique latine à moto
  • Mange, prie, aime — Italie, Inde, Bali
  • Out of Africa — l'horizon kényan

Certains films laissent une trace durable, comme un voyage dont on ne se remet jamais tout à fait. Les cinq titres réunis ici partagent ce pouvoir-là : ils déplacent le regard, font naître des envies de départ, et puisent souvent leur force dans des histoires vraies. Voici notre sélection — une invitation à rallumer la télé, ou à ouvrir une carte du monde.

1. Into the Wild

Sorti en 2007, le film de Sean Penn s'inspire du livre de Jon Krakauer consacré à Christopher McCandless, un jeune diplômé américain qui, au début des années 1990, brûle ses papiers, donne ses économies à une association caritative et prend la route. Direction le Grand Nord, avec en tête une obsession : atteindre l'Alaska et y vivre seul, débarrassé de tout. La caméra suit ses errances à travers les déserts du Sud-Ouest, les rivières du Colorado, les plaines du Dakota du Sud, jusqu'aux étendues glacées du Denali.

On connaît la fin, et pourtant on s'y laisse prendre à chaque visionnage. La bande-son, signée Eddie Vedder, accompagne ces paysages immenses comme un souffle continu. Plus qu'un récit d'aventure, Into the Wild interroge le rapport au confort, à la famille, et à cette idée tenace que la liberté se gagnerait toujours plus loin.

2. Sept ans au Tibet

Réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1997, ce long-métrage adapte les mémoires de l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer, incarné à l'écran par Brad Pitt. L'histoire commence en 1939 : Harrer rejoint une expédition vers le Nanga Parbat, l'un des sommets les plus redoutés de l'Himalaya. La guerre éclate, il est fait prisonnier par les Britanniques en Inde, s'évade, et entame une longue traversée à pied vers le Tibet.

Au terme d'un voyage harassant, il atteint Lhassa, alors interdite aux étrangers, et finit par devenir le précepteur d'un adolescent qui n'est autre que le 14e Dalaï-Lama. Le film vaut autant pour le récit de cette amitié improbable que pour ses panoramas — tournés en grande partie en Argentine et au Canada, faute d'autorisation de filmer sur place. Il offre aussi un témoignage sur le Tibet d'avant l'invasion chinoise de 1950, dont la mémoire culturelle se devine encore dans les monastères de Shigatse ou de Gyantse.

3. Carnets de voyage

Le film de Walter Salles, sorti en 2004, retrace l'odyssée d'un jeune étudiant en médecine de 23 ans et de son ami biochimiste, partis en 1952 à travers l'Amérique latine sur une vieille Norton 500 baptisée « La Poderosa ». L'étudiant, c'est Ernesto Guevara — pas encore le Che. Le récit, tiré de son propre journal de route, mène les deux compagnons d'Argentine au Venezuela, en passant par les paysages désertiques d'Atacama, les ruines du Machu Picchu et les rives de l'Amazone.

Au-delà de la beauté brute des décors, ce qui marque ici, c'est le glissement intérieur du personnage. Confronté aux mineurs exploités du Chili, aux malades de la léproserie de San Pablo au Pérou, le jeune Guevara prend conscience d'un continent traversé par les inégalités. Le film n'explique rien, il observe — et c'est précisément ce qui en fait l'un des plus beaux récits d'apprentissage par la route.

4. Mange, prie, aime

Adapté du best-seller éponyme d'Elizabeth Gilbert, le film de Ryan Murphy (2010) suit Liz, jouée par Julia Roberts, qui décide après un divorce houleux de s'accorder une année loin de tout. Trois étapes structurent son périple, comme trois respirations.

D'abord Rome, où elle réapprend la lenteur, le plaisir d'un plat de pâtes partagé, la légèreté des rues du Trastevere. Puis un ashram du nord de l'Inde, où la rigueur de la méditation lui impose de regarder en face ce qu'elle a fui. Enfin Bali, et plus précisément Ubud, où la rencontre avec un guérisseur balinais — puis avec un homme — clôt ce cheminement intime. Le film a été critiqué pour son regard parfois carte postale sur les cultures qu'il traverse ; il reste, pour beaucoup, le déclencheur d'un voyage solo, ou simplement d'une remise en question.

5. Out of Africa

Sept Oscars en 1986, dont celui du meilleur film : Out of Africa a marqué une génération de spectateurs et imposé l'image d'une Afrique de l'Est rêvée, dorée par la lumière du couchant. Sydney Pollack y adapte les souvenirs de l'écrivaine danoise Karen Blixen, qui a tenu une plantation de café au pied des Ngong Hills, près de Nairobi, entre 1914 et 1931.

Meryl Streep et Robert Redford y portent une histoire d'amour mélancolique, mais le vrai personnage du film, c'est peut-être le Kenya lui-même : les hauts plateaux, les troupeaux migrant dans la savane, le survol en biplan au-dessus du Rift. Tourné plus de trente ans après les faits, le film n'élude pas tout à fait les ambiguïtés de l'époque coloniale, même s'il les regarde avec une nostalgie assumée. Aujourd'hui encore, la ferme de Karen Blixen, transformée en musée à la périphérie de Nairobi, attire les voyageurs venus retrouver l'atmosphère du livre et du film.

Florine Dergelet

Charlene Desdoits

L'auteur

Charlene Desdoits

Amoureuse des mots, de la nature et des rencontres, elle s’attache à transmettre dans ses textes une vision sensible, engagée et responsable du tourisme. Chaque article est pour elle une passerelle en

Catégorie : Culture & traditionsMis à jour le 7 mai 2026